dimanche 13 janvier 2008
Torture
En décembre, la justice espagnole a demandé l'incarcération de Gorka Lupiañez Mintegi arrêté en Bizkaia par la guardia civil. Le récit de son voyage et de son interrogatoire est symptomatique des pratiques de la benemerita. Les policiers ont commencé par lui enlever le pantalon et après lui avoir attaché les mains dans le dos, les coups ont commencé à pleuvoir. Gorka explique que l'un des guardia a demandé aux autres de le laisser s'échapper pour pouvoir lui tirer dessus et faire 2 à 1 en référence à Capbreton. Pendant le voyage à Madrid, un guardia derrière lui le frappait continuellement pendant que celui qui était à ses côtés lui pratiquaient le supplice de la bourse. Lorsqu'un guardia a dû uriner à l'occasion d'un passage à un péage, un autre a menacé de lu tirer une balle dans la tête puisque personne ne savait qu'il avait été arrêté. Arrivé à Madrid, les tortures ont continué, la bourse succédant aux coups sur tout le corps, en particulier sur les testicules, ajoutés à l'arrachage de cheveux et la baignoire. Puis un autre supplice que les guardia appellent « aguaparc » et qui consiste à coucher la personneinterrogée sur un matelas, à luiboucher le nez et la bouche et au moment où on le lâche pour respirer, à lui jeter une bassine d'eau provoquant ainsi une sensation de noyade. Enfin, après une première tentative infructueuse de lui introduire un bâton dans l'anus, ils l'ont mis au sol, lui ont relevé les jambes vers l'arrière et cette fois ont fait pénétrer le bâton. Pour couronner le tout, Gorka a dû subir des décharges électriques par l'intermédiaire de câbles attachés sur ses mains. Pendant ce temps les interrogatoires étaient incessants, sans pouvoir dormir et dans l'obligation de pratiquer des flexions en permanence. Les médecins qui ont vu Gorka pendant l'interrogatoire ont donné leur avis favorable à la poursuite de celui-ci.
C’est arrivé près de chez vous.

Silence on torture
Nouvelle opération policière en Euskal Herria Joan den igandean (2008/01/06) Arrasaten izan diren bi atxiloketen ondorioz, konzentrazioak burutu ziren hainbat tokitan. Izan ere, Igor Portu eta Mattin Sarasola gazte lesakarrak bortizki atxilotuak izan ziren. Atxiloketa eta bi ordura, bi gazteak, Lesakara, beren herrira eamanak ziren etxe miaketetan. Geroztik, informazioek zabaldu dutenez, Igor Portu, Donostiako hospitalean ingresatua dago gorputza zauriz betea. Medikuek jakin arazi dutenez, bere egoera nahiko kaxkarra da : bi saihets hezur hautsiak ditu, zauri bat dauka birikian eta belaunetan zein orkatiletan odolurak nabari zaizkio. Mattin, bestalde, Madrilera eramana izan da zauri larri batzuekin jujearen aurretik pasatzeko eta guardia zibilaren esku jarraitzen du inkomunikatuta. Bi atxilotze horien ondorioz, poliziak gaur Huescan zulo bat aurkitu du. Bertan 125 lehergai kilo (nitrato, aluminio, pentrita) atxeman dituzte detonagailu eta luzagailuekin.
Les semaines se suivent et se ressemblent en Euskal Herri. Ce dimanche, l'arrestation de deux présumés militants d'ETA à Arrasate a une nouvelle fois donné lieu à l'expression animale des fanatiques représentants de l'Espagne « Une, Grande et catholique » comme ils la définissent euxmêmes. L'une des victimes est encore hospitalisée dans un état grave, l'autre a été transférée devant le parquet du tribunal d'exception et sera probablement maintenu isolé tant que ses blessures et lésions seront encore trop visibles. Au milieu de tout cela les politiques interviennent, avec leur langage habituel, défendant l'indéfendable et justifiant l'injustifiable pour certains, ou réagissant hypocritement pour masquer leur complicité pour d'autres. Vous aurez compris qu'il s'agit d'une part du PP et du PSOE et de l'autre des représentants zélés du gouvernement de Lakua.
LES FAITS
Deux personnes ont été arrêtées
à Arrasate, de source policière,
lors d'un contrôle fortuit
de la guardia civil. Ils ont été
emmenés puis, quelques heures
après, conduits à leurs domiciles
de Lesaka pour effectuer une perquisition.
Le village de Lesaka a
été totalement cerné par la guardia
civil. Selon les personnes présentes,
à minuit, les perquisitions
n'étaient toujours pas terminées
et les deux personnes se trouvaient
donc encore à Lesaka.
De la suite, nous ne connaissons
rien si ce n'est qu'à 3 H 56, suivant
les documents émanant d'Osakidetza,
administration de la santé
du gouvernement basque, et provenant
de l'hôpital de Donostia,
Igor Portu Jaurena, domicilié à
Lesaka, était admis aux urgences.
Le bilan dont il a fait l'objet, et qui
est également en notre possession,
fait état d'une fracture de l'arc costal
inférieur de la neuvième côte
gauche, d'une pneumonectomie
et d'un pneumothorax du côté
gauche, d'un foyer de contusion
pulmonaire et d'un grand emphysème
sous-cutané étendu du
niveau cervical au niveau pelvien.
De plus, les médecins ont constaté
de multiples hématomes au niveau
des genoux et des chevilles. Clairement,
Igor a dû être hospitalisé
avec une côte cassée, un poumon
perforé, des hématomes multiples
et des chevilles et des genoux sanguinolents.
LA VÉRITÉ SELON RUBALCABA
Les premières versions policières
expliquaient qu'Igor s'était
débattu, au moment de la perquisition,
et que pour le maîtriser, il
avait fallu faire usage de la force.
Le ministre Rubalcaba affirme
pour sa part qu'il y a eu tentative
de fuite lors de l'arrestation et que
la guardia civil a dû faire usage de
la force, dans le respect de la légalité,
pour les maîtriser. Affirmation
en totale contradiction avec les
témoins présents au moment de
la perquisition et avec les images
de la télévision qui montrent que
les deux Lesakar étaient bien portants
au moment où elles ont été
effectuées. Ce qui montre également
que les actes de torture ont
eu lieu après minuit et avant
3 H 56. Le maître couvre les serviteurs
zélés.
RÉACTIONS EN EUSKAL HERRI
Le ministre de la Justice (EA) du
gouvernement de Gasteiz, Joseba
Azkarraga, Lors d'une interview à
Herri Irratia, met en doute la version
offerte par Madrid : « Il y a
des choses qui ne collent pas ».
Dans la même interview, il
demande que soit ouverte une
enquête sur ces événements.
La porte-parole du gouvernement
de Lakua, Miren Azkarate,
est intervenus pour souligner la
gravité des faits et demander à
Madrid des éclaircissements sur
les faits. Ella a déclaré que la violence
d'ETA ne se combat pas « par
la dispersion (se rappelant peutêtre
des énormités proférées la
semaine précédente - cf Ek 1108)
ni par la dénonciation permanente
des pratiques de torture, ni
en regardant d'un autre côté
quand il y a des présomptions
qu'elles aient existé ». On attend
maintenant que Lakua ouvre des
enquêtes sérieuses sur les tortures
pratiquées et dénoncées dans les
commissariats de la ertzaintza.
L'OMBRE DU GAL ?
L'ex-ministre de l'Intérieur, Jose
Bono, qui avait démissionné
lorsque Zapatero avait manifesté
l'intention de discuter avec ETA,
vient de faire des déclarations sur
la Radio National de España qui
vont dans le sens d'une incitation
à la torture ou pire. Il s'adresse à
l'opinion publique lui disant
qu'elle « se mette du côté où elle
doit se mettre ». Et il poursuit, à
l'adresse de la guardia civil, sous forme de conseil, : « Qu'il n'y ait
pas de morts, mais s'il doit y en
avoir, qu'elles ne soient pas de
l'Etat ! ». Il faut savoir que Jose
Bono se flatte en public d'avoir eu
un père falangiste.
UNE CACHE À HUESCA La guardia civil a annoncé ce mardi la découverte d'une cache d'armes appartenant à ETA dans la province de Huesca, en Aragon. Cette cache aurait contenu 125 kilos d'explosifs et des détonateurs. Ce n'est pas la première fois que, pour « justifier » des actes de torture, la guardia civil fait apparaître des caches ou procède à des arrestations à la suite d'événements comme ceux de ce début de semaine alors qu'elle dispose le plus souvent des éléments nécessaires pour le faire avant. Comment imaginer que la guardia aille immédiatement ouvrir une cache d'ETA sans attendre que d'éventuels militants ne s'y présentent ?
Ekaitza
La manifestation nationaliste se termine à l'assemblée de Corse (Aujourd'hui 21h53)
(Frédéric Bertocchini - Alta Frequenza) - Entre 1.000 et 2.000 personnes environ ont manifesté dans le calme cet après-midi (samedi) dans les rues d'Ajaccio, à l'appel de 18 organisations, mouvements et associations nationalistes. Rapprochement des prisonniers politiques, fichage ADN et violences policières, étaient les revendications principales d'une manifestation pas tout à fait comme les autres. Bloqués sur le cours Napoléon, les organisateurs de la manifestation ont surpris tout le monde en décidant de passer par la rue Fesch afin de traverser la ville, puis de rejoindre l'assemblée de Corse, située cours Général Leclerc. C'est donc sans aucun problème que les manifestatants ont pu rejoindre le bâtiment de la CTC, et même pénétrer à l'intérieur. Au cri des "libertà" et "resistenza", des centaines de militants nationalistes ont pris place dans l'hémicycle. Le drapeau français a été retiré. Jean-Marie Poli (CAR) et Jean-Philippe Antolini ont alors pris la parole, de même que certains leaders politiques comme Jean-Guy Talamoni (Corsica Nazione Indipendente) ou Paul-Félix Benedetti (U Rinnovu). Les manifestants ont dit attendre un signe, un geste du président de l'assemblée de Corse, Camille de Rocca Serra afin de lever l'occupation. Plus tard dans la soirée, vers 20h00, un contact téléphonique sera enfin possible. Malheureusement, et selon les organisateurs de la manifestation, aucun accord n'a été trouvé avec les élus territoriaux. Vers 21h00, les manifestants ont décidé de lever l'occupation malgré les protestations de certains militants excédés. .

Lefeu à l'assemblée de Corse après l'occupation du bâtiment (Aujourd'hui 22h05)
(Frédéric Bertocchini - Alta Frequenza) - Si aucun incident n'a perturbé la manifestation nationaliste cet après-midi à Ajaccio (voir par ailleurs), ni même l'occupation de l'hémicycle, un feu s'est déclaré au dernier étage de la Collectivité Territoriale de Corse, au moment où les manifestants décidaient de quitter le bâtiment. Rapidement, les sapeurs-pompiers sont arrivés sur les lieux du sinistre. Quelques incidents se sont également déroulés devant les grilles de l'assemblée. Ce début d'incendie, d'origine indéterminée, s'est déclaré dans les bureaux de la présidence. Les policiers ont procédé à une interpellation. Cette arrestation a suscité la colère de plusieurs militants qui se sont brièvement heurtés à plusieurs policiers en civil. Ces derniers ont été renforcés par des CRS en tenue anti-émeute qui ont fait reculer les manifestants, situés devant l'Assemblée de Corse, en utilisant du gaz lacrymogène.
Un CRS blessé et transporté à l'hôpital à Ajaccio (Aujourd'hui 08h35)
(Francescu Maria Antona - Alta Frequenza) - Un CRS a été blessé puis transporté vers le centre hospitalier de la Miséricorde hier soir (samedi) à Ajaccio, au moment où les manifestants quittaient les murs de l'assemblée territoriale de Corse. Quelques heurts se sont alors déroulés. Un homme a été interpellé.

Un attentat à l'explosif a visé samedi en fin de soirée le bâtiment de la délégation militaire départementale à Bastia, sans faire de victime et en provoquant des dégâts légers, a-t-on appris auprès des services de sécurité intérieure de l'île. Peu avant minuit, dans le quartier de la citadelle, une charge d'environ 150 à 200 g, déposée devant la porte d'entrée du bâtiment, a brisé cette dernière et soufflé plusieurs vitres des habitations alentour.
Plus tôt dans l'après-midi, à l'issue d'une manifestation à l'appel de dix-huit mouvements, partis et syndicats nationalistes corses, ayant pour mot d'ordre "resistenza é liberta", des manifestants nationalistes avaient occupé l'Assemblée territoriale de la Corse, à Ajaccio, où un incendie, rapidement circonscrit, s'est déclaré dans les bureaux de la présidence. Les manifestant ont occupé l'hémicycle de l'Assemblée de Corse jusqu'aux environs de 22 heures. Alors qu'ils débattaient de la poursuite de leur occupation, un incendie s'est déclenché au 3e et dernier étage du bâtiment, dans les bureaux d'Ange Santini, président du conseil exécutif de Corse, d'où une épaisse fumée et quelques petites flammes s'échappaient.
Le bâtiment était alors évacué par les manifestants et le sinistre rapidement circonscrit par les pompiers. Mme Michèle Alliot-Marie a fait part dimanche de son "indignation" face aux "exactions" commises. Dans un communiqué commun, Ange Santini et Camille de Rocca-Serra, président de l'Assemblée de Corse, ont également condamné "avec la plus grande fermeté l'envahissement et les actes de vandalisme dont a été la cible la Collectivité territoriale de Corse".
Samedi en fin de soirée, le procureur de la République d'Ajaccio a indiqué qu'une enquête de flagrance avait été ouverte pour "destruction de bien public à l'aide d'un moyen dangereux pour les personnes en réunion". "L'origine criminelle de cet incendie ne fait aucun doute. L'enquête permettra d'établir les responsabilités des personnes l'ayant commis durant cette occupation illégale", a affirmé le représentant du parquet.
Les organisateurs de cette occupation dénonçaient la "répression" qui serait, selon eux, exercée en Corse avec une soixantaine d'interpellations assorties de prises d'ADN en quelques semaines, pour seulement quelques mises en examen. Le porte-parole du Comité anti-répression, Jean-Philippe Antolini, avait réitéré ses principales revendications : rapprochement puis libération des prisonniers, arrêt des prises d'ADN sur les personnes interpellées et contestation de la condamnation d'Yvan Colonna.

