AURKA

Blog d'nformation basque anti répression, anti libéralfasciste

samedi 16 février 2008

Zigor Goieaskoetxea / militant de Batasuna
Sarkozy pose acte antidémocratique au service des multinationales

L e 7 février dernier, les députés et les sénateurs de la République française ont donné le feu vert à la ratification du traité européen de Lisbonne faussement nommé Traité Simplifié . À l'Assemblée, le texte a été voté par 336 voix contre 52. Quelques heures plus tard au Sénat, le score a été de 265 voix pour, 42 contre et 13 abstentions. Du lundi au jeudi de la même semaine, comme s’il s’agissait d’un tour de passe-passe, les parlementaires ont révisé la Constitution Française lundi, mercredi passage au Conseil des Ministres et jeudi soir après l’accord donné par l’Assemblée Nationale et le Sénat, le tour est joué!

Alors que des millions d’électeurs, après plusieurs semaines de débats souvent orientés insidieusement par les médias pour que le OUI passe, ont majoritairement choisi de dire NON au Traité Constitutionnel Européen le 29 mai 2005. La voix majoritaire de presque 30 millions d’électeurs est passée à la trappe !

La volonté de Sarkozy a fait son chemin avec le large soutien de la droite et du parti socialiste, reniant la décision majoritaire des citoyens au profit des grands groupes économiques. Peut-on parler d’un acte démocratique ? Non, la volonté populaire a été bafouée par le Président de la République avec le soutien actif des députés et sénateurs de l’UMP et du PS.

Au Pays Basque

Bien que tout cela se soit passé à Paris, bien loin d’Euskal Herri, nous ne pouvons pas oublier que les députés et sénateurs locaux de droite, à savoir Messieurs Grenet, Poulou, Lassalle et Borotra ont soutenu cet acte antidémocratique.

Bilan de l’action, d’ici la fin du mois, le nouveau Traité Européen dit "de Lisbonne" sera ratifié par l’Etat français.

Le Parlement Européen aura encore moins de pouvoir qui profitera à la toute puissante Commission Européenne au service de l’Organisation Mondiale du Commerce. Et la privatisation des services publics sera renforcée : les transports collectifs gratuits, les crèches, les cantines scolaires et les régies publiques de l’eau par exemple seront amenés vers la privatisation, non plus au service de la collectivité mais bien au profit des grandes multinationales.

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mardi 12 février 2008

L'ETAT ESPAGNOL Y VA FRANCO !

le Journal du Pays Basque 2008-02-12

Quatorze arrestations de militants politiques à la veille des élections

Après les quatorze arrestations de dimanche soir et les interdictions des partis ANV et EHAK le mouvement indépendantiste se voit fermer toutes les portes de l’activité politique

La gauche abertzale ne peut plus mener un travail politique de façon publique, tout comme il y a 50 ans sous la dictature franquiste. Après la décision de Baltasar Garzón de suspendre les activités politiques d’ANV (Action Nationaliste Basque) et d’EHAK (Parti communiste des Terres Basques), accusés d’être "sur le point d’intégrer l’activité délictueuse" de Batasuna, le magistrat de l’Audience Nationale espagnole a ordonné dimanche l’arrestation de quatorze autres militants de la gauche abertzale "liés" à la formation interdite, selon un communiqué du ministère espagnol de l’Intérieur.

De son côté, l’Audience Nationale a précisé que ces personnes ont été interpellées pour "appartenance" ou "collaboration avec une entreprise terroriste" ainsi que pour des "activités illégales". Le procureur général Cándido Conde-Pumpido a pour sa part expliqué qu’il s’agit d’une opération "importante" contre des "personnes qui prétendent continuer le travail de direction" de Batasuna et contre ceux "qui collaborent directement au financement" de l’organisation déclarée hors la loi en 2003.

Parmi les personnes interpellées figurent l’ancien député européen Karmelo Landa, et les militants Karmele Aierbe et Mikel Etxaburu. Tous les trois avaient lancé dimanche un appel à la grève générale ce jeudi afin de protester contre les mesures prises à l’encontre d’ANV et d’EHAK.

Les quatorze personnes interpellées ont été transférées hier à Madrid pour être interrogées par la police puis présentées au juge Baltasar Garzón, "vraisemblablement mercredi", selon l’Audience Nationale. Ce magistrat s’était déplacé à Donostia-Saint-Sébastien pour piloter lui-même l’opération devant les flashs des photographes. Dans la foulée des arrestations, des locaux d’EHAK et d’ANV ont été perquisitionnés.

"Ceux qui soutiennent la violence n’ont pas leur place en démocratie", a justifié pour sa part le ministre espagnol de l’Intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, reprenant le discours lancé samedi par le chef du gouvernement au palais Kursaal de Donostia. "Seuls ceux qui respectent les règles et qui ont la capacité de défendre leurs idées avec des mots peuvent participer au jeu démocratique", avait souligné José Luis Rodríguez Zapatero.

 

Derrière les barreaux

Aujourd’hui la plupart des membres de la direction de Batasuna se trouvent derrière les barreaux, à commencer par Arnaldo Otegi porte-parole et représentant de la gauche abertzale lors des négociations qui avaient eu lieu avec le PSOE et le PNVau sanctuaire de Loiola en automne 2006, pendant la trêve de l’ETA.

Un an après ces rencontres qui ont fini sur un échec et au cours desquelles Batasuna a proposé la mise en place d’une autonomie pour les quatre provinces du Pays Basque sud avalisée par référendum, le magistrat Baltasar Garzón a ordonné l’arrestation à Segura (Gipuzkoa) d’une vingtaine de dirigeants de Batasuna, dont Joseba Permach, Juan Joxe Petrikorena, Rufi Etxeberria ou Imanol Iparragirre.

Quelques jours auparavant, le magistrat avait ordonné l’arrestation du responsable aux relations internationales de Batasuna, Joseba Alvarez. Peu après ce fut le tour de Marije Fullaondo. Récemment deux des derniers dirigeants encore en liberté, Pernando Barrena et Patxi Urrutia, étaient interpellés et écroués.

Sur les 38 membres de la Mahai Nazionala [Bureau National, ndlr] de Batasuna renouvelée le 18 mars 2006, quatre jours avant l’annonce du cessez-le-feu par l’ETA, 28 ont été arrêtés dont certains remis en liberté sous caution.

Parmi ceux qui sont en liberté on peut noter l’avocate Jone Goirizelaia, ainsi que les sept membres du bureau qui représentent les provinces du Pays Basque nord. L’un d’entre eux, Xabi Larralde, a déclaré que les mesures à l’encontre d’ANV et d’EHAKainsi que les arrestations de dimanche soir sont d’une "extrême gravité" car elles vont à l’encontre de 185000 électeurs dont 5000 du Pays Basque nord. Si tous ces gens font partie de l’ETA, "l’Espagne a un grand problème", a-t-il lancé.

Faisant le parallèle avec les arrestations opérées dans les milieux abertzale dans le Pays Basque nord, le porte-parole de Batasuna a estimé que les autorités des deux pays cherchent à "faire disparaître toute expression d’un projet indépendantiste basque de la scène politique", et a regretté le fait que cette stratégie pousse la gauche abertzale à faire de la politique dans la clandestinité comme pendant la dictature franquiste. "Il faut que les gouvernements réfléchissent à qui fait l’apologie de la violence, EHK et ANV qui sont pour la paix, ou le gouvernement espagnol qui supprime les voies démocratiques".

Xabi Larralde s’est interrogé sur le sens d’une stratégie politique, partagée par les gouvernements français et espagnol, qui vise selon lui à "rendre impossible la résolution du conflit basque par les voies démocratiques". Dans une conférence de presse hier à Bayonne en compagnie de responsables d’EA, AB et la LCR [lire par ailleurs], le porte-parole de Batasuna a rappelé que depuis l’interdiction de cette formation en 2003, "la gauche abertzale a su mener son projet indépendantiste de l’avant. Ce peuple a montré avoir suffisamment d’énergie et de courage pour continuer".

 

Derrière les barreaux

Plusieurs partis basques ainsi que le gouvernement de Vitoria Gasteiz ont critiqué ouvertement les mesures de Baltasar Garzón tout comme les interpellations d’hier. "Comment est-il possible que ceux qui négociaient politiquement avec le gouvernement socialiste, soient aujourd’hui considérés comme des terroristes", s’est interrogé le ministre basque de la Justice Joseba Azkarraga (EA) en référence aux négociations de Loiola entre le PSE, le PNV et Batasuna en automne 2006, ainsi qu’aux rencontres qui ont eu lieu entre des responsables du PSOE et de Batasuna au printemps 2007 dans une capitale européenne. "L’exclusion politique", a-t-il poursuivi, "ne contribue en rien à la victoire de la démocratie". "La démocratie ne peut pas vaincre avec les incarcérations, ni non plus avec l’exclusion politique, mais avec le renforcement de l’action politique".

Le président de la fédération du Gipuzkoa du PNV, Joseba Egibar, a qualifié de "non-sens politique" les arrestations ainsi que les mesures à l’encontre d’EHAK et ANV. "Sous la thèse tout est l’ETA, [l’Etat espagnol] est en train d’incarcérer des centaines de citoyens, ce qui veut dire que l’univers de l’ETA n’est pas que trois ou quatre commandos, mais un univers multiplié par 100 ou 200. C’est un non-sens".

Aralar a qualifié d’"aberration politique" ces interpellations et a accusé l’Etat espagnol d’avoir une attitude contraire à la paix. "Cette façon sale d’exercer la politique montre bien" que la volonté de l’Etat espagnol "n’est autre que d’annuler une sensibilité politique présente dans ce peuple".

Selon l’association Askatasuna, les événements de ces derniers jours montrent "quelle est la qualité de la démocratie espagnole", dont les particularités sont "la torture, l’emprisonnement des représentants politiques, les interdictions de partis politiques, et les restrictions des droits de réunion et de manifestation".

En dehors du Pays Basque, le leader de la coalition écolo-communiste espagnole IU, Gaspar Llamazares s’est déclaré "préoccupé" par la "cyclothymie de la lutte antiterroriste" qui "passe de l’euphorie du dialogue à la répression". Il a estimé que la résolution du conflit basque passait par la fin de l’ETA mais "aucunement par l’interdiction de formations politiques".

Enfin, le PPa salué les arrestations mais a accusé le PSOE d’avoir lancé les procédures d’interdiction et d’avoir augmenté les pressions sur la gauche abertzale en raison de la proximité des élections aux Cortes espagnoles. Le PSOE s’est défendu affirmant que "la loi ne peut pas s’arrêter en période électorale".



La LCR, AB, EA et Batasuna appellent à un rassemblement devant le consulat d’Espagne

La Ligue Communiste Révolutionnaire, Abertzaleen Batasuna, Eusko Alkartasuna et Batasuna ont appelé à un rassemblement jeudi à 18h30 devant le consulat d’Espagne à Bayonne pour protester contre les derniers événements. Hier, au cours d’une conférence de presse, les quatre partis ont présenté un manifeste dans lequel ils rappellent la "nature politique" du conflit basque, lequel nécessite une "résolution du type de celle mise en avant par l’Accord Démocratique de Base [OHD, accord signé par une cinquantaine de partis et mouvements sociaux et syndicaux, ndlr] : Tous les habitants du Pays Basque doivent avoir la possibilité de décider de leur avenir en des termes qui auront fait l’objet d’un accord".

Selon les quatre partis, un processus de négociation et un accord multilatéral sont "indispensables pour que ce type de solution puisse émerger". Un tel processus implique lui-même, poursuit le manifeste, le respect des droits démocratiques et "est incompatible avec des velléités d’élimination de son adversaire".

Ce principe est bafoué par le gouvernement socialiste espagnol qui, en illégalisant l’activité de mouvements abertzale, "met à mal la démocratie et les possibilités démocratiques de résolution du conflit en Pays Basque".En dénonçant que Madrid "cherche à nouveau à laisser des milliers de citoyens basques sans représentation politique", les partis signataires du manifeste pensent que cette situation "ne peut nous empêcher de nous remémorer les heures sombres du franquisme". Pour la LCR, AB, EA et Batasuna, "au-delà de quelques militants donnés, nous sommes tous affectés, le Pays Basque lui-même est affecté" par "cette atteinte grave aux droits fondamentaux".

Jean Haïra (LCR) a dénoncé le "retournement du PSOE" qui, après l’échec du processus de négociation, "revient aux positionnements de la résolution du conflit par la répression". Il a regretté le fait que pendant le processus de paix, le gouvernement socialiste n’ait pas fait de gestes d’apaisement. "Le gouvernement d’Aznar (droite) avait fait plus que lui [pendant les négociations de 1998 en Suisse, ndlr], puisqu’il avait libéré et rapproché au Pays Basque quelques prisonniers".

Le représentant de la LCR a critiqué le "cynisme" du parti socialiste qui lance des procédures d’interdiction à l’approche des élections. Par ailleurs, le fait que la presse de droite demande au gouvernement de prendre des mesures à l’encontre de Zutik [nom de la LCRau Pays Basque sud] sous prétexte que ce parti pourrait prêter ses élus aux élections générales du 9 mars, "prouve qu’en Espagne on tape large" et que "n’importe qui peut être visé rien que pour défendre des droits démocratiques ou pour être en faveur de l’autodétermination".

Pour sa part, Mertxe Colina (AB) a rappelé que le parti ANV, créé dans les années 30, est "un mouvement historique" dont certains de ses membres "comme le commandant Kepa Ordoki ont participé à la libération de Paris, ce qui avait été reconnu par le général De Gaulle avec la phrase : La France n’oubliera jamais ce que les Basques ont fait pour elle. Merci De Gaulle !". "Il n’est pas acceptable d’illégaliser les idées de centaines de personnes", a ajouté Mertxe Colina tout en dénonçant ce "climat d’exception" qui n’est pas de nature à déboucher sur une résolution du conflit.

Manex Pagola (EA) s’est pour sa part dit "très inquiet de la tournure des événements", évoquant "un grand bûcher" et "un grand sacrifice" contre l’indépendantisme. Il a estimé que ces événements décrédibilisent la démocratie espagnole.

Les quatre partis ont espéré que "tous ceux qui se disent démocrates" participeront au rassemblement de jeudi.

 

LAB appelle à manifester

Au Pays Basque sud, le coordinateur général de LAB, Rafa Diez, a déclaré que "la violation des droits civils et politiques est menée sur la base de prétextes" qui cachent "des intérêts politiques". S’adressant au parti socialiste, le leader de LAB a affirmé que "les interdictions n’aident en rien à avancer vers la paix". Le syndicat a appelé ses militants à participer aux mobilisations qui seront organisées jeudi midi "partout en Pays Basque".

Quatre personnes blessées au cours d’une manifestation samedi
Quatre personnes ont été blessées et quatre autres interpellées au cours de violents incidents qui ont marqué la manifestation organisée à Bilbao pour dénoncer les mesures de suspension d’activités ordonnées par le magistrat Baltasar Garzón à l’encontre de des partis ANV et EHAK. Ce même magistrat avait déclaré cette manifestation "illégale" et demandé à la police autonomique basque de l’empêcher.

Malgré l’important dispositif policier déployé le matin par l’Ertzaintza, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dans le centre de Bilbao à la mi-journée. Les agents ont enlevé la banderole aux manifestants et leur ont demandé de se disperser. Privés de leur banderole, les militants ont décidé de se rassembler ailleurs, poursuivis par les policiers qui leur ont demandé de dissoudre la manifestation. Cette situation s’est répétée à plusieurs reprises dans plusieurs endroits de la ville, jusqu’à ce que des heurts commencent. Quatre personnes ont été interpellées pour "désordre public" pendant ces rassemblements dispersés par l’Ertzaintza. Elles ont été remises en liberté hier après-midi après être passées devant un juge.

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samedi 9 février 2008

Madrid prive la gauche abertzale de toute expression politique
Le juge Garzon a annoncé la suspension d’EHAK et d’ANV alors que le Tribunal suprême s’apprête à les interdire

La justice espagnole a privé la gauche abertzale du Pays Basque sud de toute représentation politique à un mois des élections législatives du 9 mars, en décidant de suspendre l'activité politique de deux partis indépendantistes basques, qui ne pourront pas présenter leurs candidats.  

Le juge Baltasar Garzon estime que ces deux partis, EHAK (Parti communiste des terres basques) et ANV (Action nationaliste basque) étaient "sur le point" d'intégrer l'organisation indépendantiste basque ETA et a décidé de suspendre leur activité politique pendant trois ans, reconductible deux ans.

Ils ne pourront donc pas présenter de candidats aux élections organisées pendant cette période, a précisé le juge de l'Audience nationale (tribunal d’exception espagnol).

Cette décision était attendue, puisqu’elle avait été annoncée la semaine dernière par la vice-présidente du gouvernement espagnole de José Luis Rodriguez Zapatero, Maria Teresa Fernandez de la Vega. "Nous respectons et partageons cette décision", a-t-elle déclaré hier à l'issue du Conseil des ministres.

EHAK et ANV sont accusés d'avoir pris le relais de Batasuna, comme représentation de la gauche abertzale, lors de deux précédents scrutins. Les sièges de députés de la communauté autonome basque et d'élus municipaux obtenus à l'issue de ces élections ne sont pas affectés par la suspension, pour l’instant. Mais le ministère public a fait la demande pour que les élus soient également sanctionnés, et soient relevés de leurs mandats. EHAK avait obtenu sept sièges de députés au parlement régional basque en 2005, tandis qu'ANV a remporté 437 sièges de conseillers municipaux aux municipales de mai 2007, malgré l’interdiction de la moitié de ses candidats.

Le juge Garzon accuse aussi ces deux partis de fraude dans l'utilisation des subventions et de malversations et a ordonné la fermeture de leurs sièges, de leurs locaux et de leurs sites internet.

La décision de l'Audience nationale représente "un pas supplémentaire des institutions démocratiques vers la fin de la violence" de l'ETA, a affirmé vendredi le porte-parole du Parti socialiste au Congrès des députés, Diego Lopez-Garrido, estimant qu'il s'agissait d'un "jour de joie pour les démocrates".

Cour des droits de l’homme

Le Tribunal suprême espagnol doit parallèlement décider dans les prochains jours, probablement ce week-end, de la mise hors-la-loi, en plus de la suspension, du PCTV et d'ANV, après avoir reçu en audience des représentants des deux partis.

Toute la logique de suspension à l’Audience nationale et d’interdiction au tribunal suprême repose sur le fait que ANV et EHAK sont considérés comme la relève politique de Batasuna, parti interdit depuis 2002 pour leurs concordances avec les objectifs politiques de l’ETA. En revanche, l’interdiction de Batasuna a été contestée auprès de la Cour des droits de l’Homme de Strasbourg, arguant qu’illégaliser un parti politique pour les objectifs politiques défendus, en l’occurrence l’indépendance du Pays Basque, doit être considéré comme portant atteinte aux droits élémentaires des droits de l’Homme. Après trois ans de silence, la Cour des Droits de l’Homme a accepté la plainte de Batasuna et devrait émettre son avis dans les prochains mois. Si le jugement confortait les plaignants en estimant que l’illégalisation du parti n’est pas fondé, toute l’action judiciaire espagnole contre l’indépendantisme basque depuis 2002 serait mise en balance.

En marge de l'interdiction d’EHAK et d’ANV, la justice espagnole a placé en détention provisoire jeudi deux dirigeants de Batasuna encore en liberté, Pernando Barrena et Patxi Urrutia, qui ont rejoint en prison la majorité de la direction du parti interdit.

En octobre dernier, 17 membres de la direction de Batasuna avaient été placés en détention, une autre dirigeante a été incarcérée en décembre. Le porte-parole de Batasuna, Arnaldo Otegi, est également en prison, depuis son arrestation en juin 2007, quelques jours après la rupture du cessez-le-feu de l'ETA, pour un délit "d'apologie du terrorisme", alors qu’il évoquait la mémoire d’un militant indépendantiste tué à Anglet par l’extrême droite espagnole.

Au Pays Basque, en dehors du PP et du PSOE, l’ensemble de la classe politique a condamné cette "nouvelle atteinte à la démocratie".

Fondé en 1930
EAE-ANV-ANB (Action Nationaliste Basque - Eusko Abertzale Ekintza) est un parti fondé en 1930, né d’une scission avec le parti nationaliste basque PNV. Considéré comme le premier parti abertzale de gauche, Action Nationaliste Basque a joui d’une présence politique notable dans ses premières années d’existence, en luttant contre le franquisme. Il a fait partie du premier gouvernement basque mené par Jose Antonio Aguirre et certains de ses militants ont joué un rôle prépondérant pendant la Guerre Civile et durant l’exil. C’est le cas du commandant Kepa Ordoki, qui avait dirigé le bataillon Gernika au cours de la Libération de la France, ou du leader historique Telesforo Monzon.

Inscrit au registre des partis politiques du ministère de l’Intérieur le 14 avril 1977, ANV a participé avec peu de succès aux élections organisées la même année. En 1978, il a intégré la coalition électorale Herri Batasuna avec Euskal Sozialista Biltzarrea (ESB), le Parti Socialiste Révolutionnaire Populaire (HASI) et le Parti Révolutionnaire des Travailleurs abertzale (LAIA). Lors de la refondation de la gauche abertzale, en 2001, l’assemblée générale d’ANV a décidé de ne pas intégrer la structure du nouveau parti politique Batasuna et depuis son activité politique était restée discrète. Jusqu’à l’illégalisation de Batasuna, puisque depuis, ANV était passé sur le devant de la scène. Pourtant, dans ses statuts, ANV condamne l’utilisation de la violence.

En 2003, le Tribunal Suprême espagnol avait même reconnu son droit à percevoir une compensation économique du gouvernement de droite en raison des biens réquisitionnés durant la guerre civile.

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le Journal du Pays Basque 08-02-09

Txetx et Morio libérés hier soir après avoir été interrogés par la police judiciaire bayonnaise
Placés mercredi en une garde à vue qui pouvait s’étendre à 96 heures, les militants étaient soutenus tous azimuts

Officiellement, elle n’a fait le déplacement sur Bayonne que pour "superviser l’enquête", sans interroger Jean-Noël "Txetx" Etcheverry ni Jaco Morio, militants abertzale et occitaniste, arrêtés mercredi au lever du jour par la Police judiciaire. La juge antiterroriste Houyvet est depuis 2004 en charge de l’enquête, liée à l’hébergement de deux membres d’ETA, avec la juge Le Vert. Elle est repartie hier vendredi dans la foulée, laissant les policiers bayonnais poursuivre leurs interrogatoires.

"Ce que les juges cherchent, c’est à alimenter un dossier peu fourni, mais pour eux c’est quitte ou double"

Avant la remise en liberté hier tard dans la soirée, des deux hommes, la place de la Liberté, à Bayonne, connaissait le troisième rassemblement de soutien à "Txetx" et "Jaco". 150 personnes dès 18h30, un peu moins que les deux jours précédents, mais toujours avec la même diversité, mondes culturel, associatif et politique confondus, signe de la grande popularité d’un Txetx.

Outre les militants abertzale et de gauche, des figures de droite, comme Jean-René Etchegarray, adjoint MoDem au maire de Bayonne, Jean Grenet. Celui-ci a même pu croiser les manifestants, se dirigeant vers la mairie, un dossier sous le bras, serrant prestement quelques mains connues à la lisière du rassemblement.

Un grand calme, une simple banderole, pas de prise de parole. Les nouvelles circulaient de groupe en groupe, peu fournies, hormis les réponses concédées par le commissariat aux militants et amis s’informant de la situation. "Il a cessé de s’alimenter pour protester : ils lui ont retiré ses lunettes... à Txetx! Sans lunettes il voit rien". Parallèlement, un rassemblement se tenait au Palais de Justice de Pau, à l’appel d’Anaram au Patac, que dirige Jaco Morio. Toute la journée d’hier, les soutiens officiels se sont multipliés. Une pétition circule sur le web, lancée par la fondation Manu Robles Arangiz, en solidarité avec Txetx, son dirigeant en Pays Basque nord, et réclamant "sa mise en liberté immédiate afin qu’il reprenne le cours normal de sa vie personnelle, familiale et militante". Dans un communiqué, Udalbiltza, l’assemblée des élus municipaux abertzale d’Euskal Herria, appelle "tous les élus et citoyens basques en général" à participer aux rassemblements quotidiens, insistant notamment sur le peu d’intérêt qu’a le mouvement abertzale à poursuivre des activités criminelles. Le mouvement "Régions peuples et solidarités", par exemple, s’élève contre une méthode policière "disproportionnée".

Le vice-président du Parlement européen, Gérard Onesta, s’interrogeit depuis Bruxelles, sur "une nouvelle et soudaine crispation jacobine", rejoignant le sentiment de la plupart des personnes mobilisées. La libération des deux hommes a brusquement décrispé une situation qui devenait tendue.

ENTRETIEN | Jean-François "Lof" LEFORT - Militant abertzale

Jean-François Lefort, "Lof", connaît bien le dossier. Ancien porte-parole d’Askatasuna, association de soutien aux prisonniers basques, il a fait un an de prison sans procès en 2005, sur la foi d’un témoignage qui dès 2004 donnait les noms des deux militants arrêtés.

Quelle est la nature exacte de ce dossier ?

Les juges et la 14e section antiterroriste ne poursuivent pas des buts judiciaires mais politiques. Depuis septembre dernier, les rafles en Pays Basque se sont multipliées de part et d’autre de la frontière, au sud le juge Garzon et confrères, au nord la juge Le Vert et cons¦urs. Des dizaines de militants ont été incarcérés dans toute la mouvance abertzale, comme à Saint-Jean-Pied-de-Port. En décembre 2004, trois locaux d’Askatasuna ont été perquisitionnés, les archives confisquées, 17 militants incarcérés ou interrogés, avec une très grande violence dans les méthodes policières. ça continue.

Comment expliquez-vous que ces deux dernières arrestations se fassent dans le cadre d’une affaire vieille de presque quatre ans ?

Cette question, seuls les juges peuvent y répondre. Ce qu’ils cherchent, mais ce n’est qu’une hypothèse de ma part, c’est à alimenter un dossier peu fourni. En octobre 2004, le témoignage de Robert Arricau me mettant en cause donnait trois autres noms, parmi lesquels les deux personnes en garde à vue. Ils les ont repris. Je précise que ce témoignage s’est complètement effondré par la suite. J’ai dû attendre quand même onze mois pour voir acceptée une confrontation avec Arricau, qui avait subi une forte pression policière. Mais aujourd’hui, interroger Txetx ou Morio, pour eux, c’est quitte ou double : s’ils ne confirment rien, leur instruction peut perdre encore plus de crédit. C’est peut-être pour ça que la garde à vue dure si longtemps. Ils n’ont rien.

Quelle est votre situation actuelle ?

Je suis sous contrôle judiciaire.

Nous avons fait deux demandes de non-lieu qui ont été refusées ; je suis toujours en attente d’un jugement, pour l’affaire de l’hébergement des deux Œchefs politiques’ d’ETA. Pour le reste, tout est tombé, car il y avait trois autres procédures [mandat d’arrêt européen, comptes d’Askatasuna et sa fonction de porte-parole d’Askatasuna, ndlr]. Dans ce genre d’affaire, il n’est pas rare que les instructions durent 5, 6 ans. En précisant que pendant ce temps, les personnes inquiétées soit sont incarcérées, soit sont placées sous contrôle judiciaire, ce qui implique une surveillance politique, sociale, une grande pression psychologique.

Que comptez-vous faire ?

C’est évident que pour un tel montage policier, il s’agit d’amoindrir les capacités des abertzale à aller de l’avant. On pense qu’ils seront libérés, mais il faut s’attendre à tout, justement pour être prêt à réagir. Se mobiliser, pour la suite aussi, face à ce qui outrepasse tout ce qui est du respect des droits fondamentaux, politiques comme des personnes.

Julien LACOSTE

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mercredi 6 février 2008

Communiqué d'Askatasuna:

ARRESTATION D'UN MILITANT OCCITANISTE À PAU

Depuis 6h ce matin, la police est en train de perquisitionner le domicile d'un militant du groupe occitaniste Anaram au Patac, Jacou Morio, qui est aussi journaliste à Radio Pais. Selon ce qu'il a pu faire savoir à sa famille qui se tient devant chez lui, son arrestation aurait été réalisée dans le cadre des déclarations faites il y a plusieurs années par un autre jeune occitan, Robert Arricau, ces mêmes déclarations qui avaient conduit notre porte parole de l'époque Jean-François Lefort Lof en prison pour un an, jusqu'à ce que Robert reconnaisse devant la juge Houyvet qu'il avait subi de fortes pressions policières et qu'on l'avait poussé à faire de fausses dénonciations envers des militants. Et en effet, ce prétexte avait permis aux juges parisiens de fouiller différents locaux d'Askatasuna, de convoquer et d'interroger de nombreuses personnes et de réduire un porte-parole au silence. Selon ce que lui a dit la police, Jacou devrait être emmené à Bayonne.

Askatasuna exprime tout son soutien et sa solidarité à Jacou, à sa famille et à Anaram au Patac et s'indigne que cette affaire, dont le ridicule a largement été démontré et qui n'est autre qu'une manipulation minable des juges anti-terroristes (méthode décidément beaucoup pratiquée ces temps-ci), puisse encore avoir des suites aujourd'hui. Nous exigeons sa libération immédiate et appelons à toutes les mobilisations qui pourraient avoir lieu dans les heures et les jours qui viennent.

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mardi 5 février 2008

Les dirigeants de Batasuna Pernando Barrena et Patxi Urrutia ont été arrêtés

le jpb

Avec l’arrestation hier de deux des derniers dirigeants encore en liberté de Batasuna, Pernando Barrena et Patxi Urrutia, les autorités de Madrid ont assuré un nouveau coup médiatique en pleine précampagne électorale. L’interpellation a été menée le matin sur ordre du juge de l’Audience Nationale espagnole Baltasar Garzón, qui les accuse selon les éditions en ligne des journaux madrilènes d’appartenance à une organisation terroriste par réitération délictueuse "pour avoir continué à agir au nom de Batasuna malgré sa mise hors la loi".

Tous les deux ont été arrêtés dans le cadre du dossier qui avait déjà conduit à l’interpellation en octobre 2007 de 19 membres de la direction de Batasuna à Segura, dont 17 ont été incarcérés. Une autre dirigeante de Batasuna, Marije Fullaondo, avait ensuite été arrêtée puis incarcérée en décembre dans le cadre de la même enquête, alors que le porte-parole de Batasuna, Arnaldo Otegi, est également en prison, depuis son arrestation le 8 juin dernier, trois jours après la fin du cessez-le-feu de l’organisation armée basque ETA.

À l’approche des élections

Pernando Barrena et Patxi Urrutia avaient participé samedi dernier à une conférence de presse à Iruñea-Pampelune. Leur arrestation, à moins de cinq semaines des élections législatives du 9 mars en Espagne, illustre une nouvelle fois le rôle de la justice dans la politique intérieure du pays.

Alors que durant le cessez-le-feu les dirigeants de Batasuna n’ont pas été inquiétés malgré leurs nombreuses conférences publiques au nom du parti interdit, maintenant que le processus de paix est mort et que les

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vendredi 1 février 2008

Les six de Kako en liberté

Ils seront jugés le 21 février prochain pour violences, recel et dégradations en réunion

Après 48 heures de garde à vue, Fred Larrañaga, Jean-Michel Aiçaguer, Beñat Etcheto, Mizel Dunat, Virginie Brunet et Frantxua Irigoyen ont été remis en liberté hier après-midi, après que la comparution immédiate eut été renvoyée au 21 février prochain à la demande du procureur Patrice Michel.

Solidarité avec les prévenus (suite)

Eusko Alkartasuna s’étonne des mesures "expéditives et disproportionnées", et apporte toute sa solidarité aux intéressés, situant les faits dans un contexte de "pré-campagne électorale avec une pure machination politique guidée de bien haut". Le collectif des élus qui s’est constitué suite aux arrestations, "choqué et révolté" estime pour sa part que le conflit social a été transformé en conflit politique suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy aboutissant à ces arrestations "sans aucune mesure avec les faits réels". Le syndicat ELA estime en revanche que ces arrestations n’ont pour seul objectif que de criminaliser ELB et ses militants. Pour AB, à l'instar d'autres acteurs, apparaît "une manipulation policière et politique honteuse". "Cela fait longtemps aujourd'hui que de nombreux secteurs de la vie publique du Pays Basque nord, tant politique que syndicale, subissent ce genre de mesures de rétorsion, sinon de vengeance pure et simple. Avec les derniers propos du roitelet Sarkozy et ses scandaleux amalgames, c'est la chasse aux sorcières à l'encontre des syndicalistes basques/racistes/terroristes qui est ainsi lancée ! L'on pense probablement ainsi criminaliser le travail syndical" déplore-t-il.

Près de deux cents manifestants sont venus apporter leur soutien aux prévenus, qui ont été reçus par des explosions de joie et quelques larmes à la sortie du tribunal, fortement gardé par les CRS. Les prévenus ont fait part de leur impuissance face à ce qui leur est arrivé. Jean-Michel Aiçaguer estimait ainsi qu’ils ont été "pris au piège par le guet-apens préparé par les responsables départementaux de l’agriculture", citant le syndicat FDSEA et l’Adasea, comme responsables du déroulement des faits. Accusés de violences, de vol, de dégradations et menacés de plusieurs années de prison, ils ont en revanche assuré avoir la conscience tranquille pour avoir "¦uvré pour la justice", en venant au secours d’un paysan qui risquait injustement d’être expulsé de son exploitation.

Me Bernard Etcheverry-Ainchart estimait pour sa part que les mesures prises étaient complètement disproportionnées quant aux faits reprochés. Le 21 février, ils devront répondre des accusations de violences en réunion ayant causé des blessures légères à deux gendarmes le 17 janvier, avec armes (un parapluie et une pierre) de recel d’un képi, de menottes et de deux bâtons de gendarmes, d’outrage ainsi que de dégradations d’une porte d’entrée de la Safer de Saint-Palais.

Posté par xig_eh à 20:54 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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